Mardi 2 décembre 2008
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Une vive discussion que j’ai récemment
eue avec une connaissance m’a amené à préciser ce qui suit dans la brève intervention que voici : il n’y a pas de dépassement intellectuel dans le seul fait d’avoir compilé une somme
d’informations quelque impressionnantes soient-elles dans un domaine de connaissance. Cela est de l’expertise ou de l’érudition. L’érudition (ou l’expertise qui est une érudition ciblée dans un
domaine donné), peut aider à étoffer la connaissance vulgaire que le grand public a de son champ d’expertise, elle peut contribuer à des démarches ultérieures d’analyse et de pensée qui sont,
elles, éminemment intellectuelles en tant qu’elles soulignent le niveau de compréhension de tel étant du réel ou de telle situation de la réalité.
Pour bien établir ce que je veux démontrer, il me faut brièvement m’attarder sur les termes : d’érudit, d’analyste et de penseur.
1 - L’Érudit est celui qui a amassé par La scolarité, l’expérience, la lecture ou la
recherche voire le tourisme, une somme d’informations générales sur un ou divers sujets. Son principal actif dans le compte de la connaissance est de pouvoir vivement informer à son tour ceux qui
n’ont pas eu la chance et le privilège de ses recherches, ses lectures, ses voyages... Un spécialiste ou expert se situe déjà généralement au-delà de l’érudit puisqu’il est censé analyser les
problèmes relevant de son champ précis de spécialisation où il est expert. L’on comprend donc qu’il soit critiquable que certains soi disant professeurs sans analyse et sans pensée, n’apportant
que la somme érudite de leurs « connaissances » et la transmission des méthodes qu’on leur a eux-mêmes transmises, dénigrent ceux qui osent penser en brandissant leur parchemin, leur
parcours scolaire leur titre universitaire comme des épouvantails pour désarçonner l’esprit et freiner toute souveraineté intellectuelle par de bêtes appels à l’autorité, de plats dénigrements du
travail intellectuel authentique de ceux qui osent aller au-delà des sentiers battus.
Le monde peut facilement se passer de l’érudit et de plusieurs sortes d’experts qui n’apportent rien d’enrichissant à ce qui est déjà connu, classé comme
informations accessibles dans les livres et documents ou à ce qui existe dans le monde et que n’importe qui peut connaître par un peu de voyage et de recherche et d’expérimentation à l’heure du
foisonnement des banques de données. Le mérite de l’expert et de l’érudit, est strictement celui du relayeur répétiteur de la culture et donc n’est même pas heuristique car il ne transmet pas
même une méthode propre.
2 - L’Analyste d’un fait ou d’une situation est de loin supérieur à l’érudit en tant
qu’il met en acte l’esprit avec stratégie pour comprendre l’essence de l’étant réel ou idéel qui interpelle son intelligence. Rien de stéréotypé ne bloque son émoi, son laïus. Son attitude duelle
d’avancée et de retrait devant l’étant fait « chose » de son regard d’étude, son action de décomposition et de recomposition de l’étant analysé pour mieux le comprendre et se prononcer.
Il interroge les « faits » concrets ou idéels pour élaborer une critique cognitive. Il est, lui, un type d’intellectuel qui permet de mieux appréhender le monde en proposant donc un
recul observateur, une discursivité, un regard qui sert de départ à d’autres regards, en se faisant disponible pour l’heuristique, la découverte. Il ne joue jamais de ses titres et saint-frusquin
scolaires pour mystifier la connaissance, lui qui sait qu’en apprentissage, la voie - à la différence de l’action et de sa morale - n’a de sens ici que par l’arrivée.
3 - Le Penseur. Disons-le d’emblée, la pensée comporte trois étapes naturelles qui sont
la méditation, la réflexion et la cognition.
Le Penseur commence comme il se doit par la méditation sur l’étant posé en objet de sa pensée dont il prend conscience par l’intuition. De cette méditation qui est
interrogation préliminaire de l’objet sensible ou non, il va jusqu’à l’analyse où il réfléchit sur le sens divers de cet objet par toutes sortes de mises à la question de ce qu’il perçoit et
sent. Puis, sa démarche intellectuelle se trempe dans le donné concret ou abstrait selon la nature de l’étant perçu et analysé qui le porte à non seulement décomposer et recomposer l’étant à
analyser mais à oser parallèlement construire un monde de son cru suggéré par sa saisie dudit étant. Il ose la synthèse par la proclamation d’idées élaborées et opère la prédication de l’étant
interrogé. Il qualifie, et en adjoignant des prédicats à l’étant étudié dont il fait apparaître sous d’autres jours le substratum, il nous donne une vision singulière quoique rationnelle ou
surrationnelle du monde. Vision toujours autre et personnelle de la vérité de l’étant considéré ! Ainsi, le penseur, non seulement se met à l’école sans murs des possibles qui facilite les
découvertes, mais est un imaginatif qui, au risque d’être fantasque et choquant pour plusieurs, déploie la ressource suprême de l’imagination : l’abstraction créatrice. Il démontre
contextuellement la vérité de la chose ou sujet objectivé selon son solipsisme fondateur de sens. Ce n’est plus seulement le strict étant objectivé dans sa froideur inviolable qui est son
domaine, il transgresse, et ses sublimes transgressions abstraites sur le concret matériel ou immatériel refont le monde par de nouvelles idées ! C’est en quelque sorte le sublime schizoïde
qui se fait démiurge sans demander permission, sans se soucier des glaviots gratuits et négateurs de ses détracteurs. C’est l’esprit libre et souverain par excellence ! Et, la grossièreté
scolastique ou tyrannie essentialiste des autorités et spécialistes experts en la matière même où il pense, ne l’effraie guère ! LIRE LA SUITE...
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